Les locations de logements
vides dont les propriétaires sont des personnes privées
(particulier ou société) sont soumises à la loi du
6 juillet 1989.
Cette loi s'applique aux locaux vides neufs ou anciens :
à usage d'habitation principale,
à usage mixte professionnel et d'habitation
principale,
aux garages, places de stationnement, jardins
et autres locaux, loués accessoirement au local principal par
le même bailleur.
La loi du 6 juillet 1989 définit un certain nombres
de règles concernant le bail et précise les obligations
des parties.
Règles concernant le bail
Obligation d'un bail écrit signé
par le bailleur et le locataire qui peut revêtir deux formes
:
- soit un sous-seing privé, rédigé sur papier
libre.
- soit un acte authentique, établi par un notaire.
Ce bail doit être rédigé en autant d'originaux
qu'il y a de parties, c'est-à-dire le propriétaire,
le locataire et éventuellement la caution.
Ce bail doit comporter un certain nombre de clauses
obligatoires :
- le nom et l'adresse du bailleur ainsi que celle de son mandataire,
- la date de prise d'effet du bail et sa durée,
- la description des locaux et des annexes (cave, jardin, garage...),
- la désignation des parties communes ( parking, local à
vélos, ascenseur...),
- la destination : habitation ou usage mixte avec nature de l'activité
exercée,
- le montant du loyer, les termes et les modalités de son paiement,
- les règles de révision du loyer avec indication du
trimestre de référence de l'indice INSEE du coût
de la construction et la date de révision,
- le montant du dépôt de garantie qui ne peut excéder
deux mois de loyer.
- Si le local est proche d'un aérodrome indication obligatoire
de la zone de bruit de son emplacement.
Certaines clauses sont interdites :
- obligation pour le locataire de laisser visiter le local les jours
fériés ou plus de deux heures les autres jours en cas
de vente ou de relocation,
- obligation de paiement du loyer par prélèvement automatique,
- autorisation du locataire de prélever sur le salaire dans
la limite cessible,
- obligation de souscrire à une compagnie d'assurances choisie
par le bailleur,
- responsabilité collective des locataires en cas de dégradation
des parties communes de l'immeuble,
- résiliation de plein droit du bail pour d'autres motifs que
le non-paiement du loyer, des charges, du dépôt de garantie
ou du refus de s'assurer,
- interdiction d'exercer une activité politique, syndicale
ou associative.
Certains documents doivent être annexés :
- l'état des lieux,
- En cas de copropriété, les extraits du règlement
de la copropriété,
Les clauses du bail en détail
La durée du bail
:
- Elle est de trois ans au moins lorsque le bailleur est un particulier,
ou une société civile immobilière à caractère
familial constituée exclusivement entre parents et alliés
jusqu'au quatrième degré inclus ou lorsque le logement
est en indivision.
- La durée du bail est de six ans minimum dans les autres cas.
- La durée peut être inférieure à trois
ans mais d'un an minimum, à condition le bailleur personne
physique invoque dans le bail un événement précis
(en particulier professionnel ou familial) justifiant la reprise du
logement.
- Cette clause de durée inférieure peut être prévue
dans les mêmes conditions par une société civile
immobilière familiale en cas de reprise au profit d'un associé,
ou par une indivision au profit d'un membre de l'indivision.
- Le bailleur doit confirmer obligatoirement au locataire la réalisation
de l'événement prévu par le bail deux mois avant
la fin du contrat par lettre recommandée avec accusé
de réception ou par acte d'huissier.
- En cas de retard de l'évènement , le bailleur peut
proposer une seule fois à son locataire de reporter la date
de fin de bail.
- Si l'événement ne s'est pas produit ou si le bailleur
n'en a pas donné confirmation dans le délai obligatoire,
le bail est porté à trois ans, à effet de la
signature du contrat.
Renouvellement
du bail
A défaut de congé donné dans les formes et délais
légaux, le contrat est soit reconduit tacitement dans les mêmes
conditions de durée que le contrat initial, soit formellement
renouvelé.
Le renouvellement peut être effectué pour une durée
inférieure à 3 ans dans les mêmes conditions que
celles prévues au paragraphe précédent.
Le montant du dépôt
de garantie
Le bail prévoit en principe le paiement d'un dépôt
de garantie qui sert à couvrir les manquements du locataire à
ses obligations et qui doit respecter les règles suivantes :
- Aucun dépôt de garantie ne peut être demandé
si le loyer est payable d'avance pour une période supérieure
à 2 mois.
- Il ne peut pas être supérieur à 2 mois de loyer
hors charges.
- Il ne porte pas intérêt au bénéfice du
locataire.
- Il ne peut faire l'objet d'aucune révision durant l'exécution
du contrat ou au moment de son renouvellement.
La restitution du dépôt de
garantie
Le dépôt de garantie doit être restitué
dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise
des clés par le locataire après déduction éventuelles
faite des sommes dues au bailleur :
- régularisation des loyers et des charges en retard
- frais de réparation ou de remise en état des lieux
dûment justifiés en cas de dégradations commises
par locataire
- Sommes que le propriétaire serait tenu de régler aux
lieux et place de son locataire, sous réserve qu'elles soient
justifiées.
A défaut de restitution dans le délai prévu,
les sommes dues par le bailleur produisent intérêts au
taux légal au profit du locataire.
Les litiges relatifs au remboursement du dépôt de garantie
peuvent être portés devant la commission départementale
de conciliation.
L'état
des lieux
- L'état des lieux décrit le logement loué. Il
permet de faire le comparatif de l'état entre le moment où
le locataire arrive dans les lieux et le moment de son départ.
Il permet au bailleur de justifier les éventuelles dégradations
commises par son locataire.
- Il doit être établi par écrit et signé
par le bailleur ou son mandataire et le locataire lors de la remise
des clés et au moment de leur restitution.
- L'état des lieux peut être effectué par un huissier
à l'initiative de la partie la plus diligente. Celui-ci avise
les parties au moins sept jours à l'avance par lettre recommandée
avec avis de réception, ses honoraires sont partagés
par moitié entre le bailleur et le locataire.
- Dans le cas où le bailleur n'aurait pas fait un état
des lieux, il devra prouver à la fin du bail que le mauvais
état du logement a pour cause des dégradations dues
à la faute du locataire.
- Si le locataire fait obstacle à l'établissement d'un
état des lieux, il est présumé avoir reçu
le logement en parfait état.
Le loyer
La fixation
du loyer initial
Le loyer initial est fixé librement entre le locataire et le
bailleur.Il s'agit du loyer prévu dans le cadre :
- d'un bail consenti à un nouveau locataire,
- d'un logement vacant mis en location,
- d'un logement faisant l'objet d'une première location
Le paiement
du loyer
- Le paiement du loyer doit être effectué à la
date prévue au contrat.
- Le paiement mensuel est de droit et le locataire peut en faire la
demande
- Le bailleur doit remettre gratuitement au locataire qui en fait
la demande, une quittance précisant le montant du loyer et
les charges.
Révision du loyer en
cours de bail
- Si une clause du bail le prévoit, le loyer peut être
révisé une fois par an à la date indiquée
ou à défaut à la date anniversaire de ce bail.
- L'augmentation ne peut être supérieure à la variation
de la moyenne sur quatre trimestres de l'indice INSEE du coût
de la construction.
- La moyenne de référence à prendre en compte est
celle qui figure dans le bail. Si elle n'est pas précisée,,
il faut prendre la moyenne sur quatre trimestres du dernier indice publié
à la date de signature du bail.
- En cas de travaux d'amélioration convenus entre le propriétaire
et son locataire lors de la signature du bail ou par avenant en cours
de contrat, le loyer peut être majoré après leur
réalisation effectuée aux frais du bailleur.
Vous pouvez directement calculer votre loyer par un tableau à
lecture directe sur le lien ci-dessous avec le site du Ministère
du Logement.
Augmentation
du loyer lors du renouvellement du bail
Le loyer ne fait l'objet d'aucune réévaluation au moment
du renouvellement sauf s'il est manifestement sous-évalué.
Dans ce cas,le bailleur propose au locataire une augmentation qui
doit se faire dans les conditions suivantes :
- Cette proposition doit être effectuée dans un délai
de 6 mois au moins avant la fin du bail par lettre recommandée
avec accusé de réception ou par acte d'huissier.
- Elle doit reproduire
l'article
17 de la loi du 6 juillet 1989
- Elle doit être établie par référence
aux loyers habituellement constatés dans le voisinage pour
des logements comparables.
- Dans l'agglomération parisienne, la hausse des loyers lors
du renouvellement du bail est limitée par décret.
Le formalisme de l'augmentation du loyer
- Le locataire qui accepte la proposition d'augmentation de loyer
doit manifester au bailleur son accord par écrit sur le nouveau
montant, dans un délai de 2 mois suivant la réception
de cette proposition.
- En cas de désaccord, ou d'absence de réponse 4 mois
avant le terme du contrat, le bailleur ou le locataire peut saisir,
sans frais, la Commission de Conciliation dont le siège est
en principe à la Préfecture par lettre recommandée
avec accusé de réception ou par acte d'huissier.
La Commission de Conciliation convoquera les parties et après
consultation des références présentées
par le propriétaire et le locataire rendra son avis dans un
délai de deux mois.
- Si aucun accord n'est trouvé avant la fin du bail, le bailleur
peut saisir le juge d'instance qui fixera le nouveau loyer.
- Si avant la fin du bail aucun accord n'est trouvé, ou si
le juge d'instance n'est pas saisi, le bail est reconduit aux conditions
antérieures pour la même durée.
L'application de l'augmentation Lorsque l'augmentation est acceptée par le locataire
son application est différente suivant le pourcentage de hausse
:
- En cas de hausse n'excédant pas 10% de l'ancien loyer, l'augmentation
est étalée par tiers pour un bail d'une durée
de trois ans et par sixième pour un bail d'une durée
de six ans.
En cas de hausse supérieure à 10%, l'augmentation est
étalée par sixième sur six ans, même pour
un bail d'une durée de 3 ans. Dans ce cas l'augmentation se
prorogera lors du renouvellement suivant.
Les charges
Le locataire doit payer des charges distinctes du loyer.
Elles correspondent à trois sortes de dépenses :
- les frais entraînés par les services liés au logement
et à l'usage de l'immeuble eau, électricité, ascenseur,
chauffage collectif,
- des dépenses d'entretien et de petites réparations des
parties communes,
- les taxes correspondant profitant au locataire comme la taxe d'enlèvement
des ordures ménagères ou la taxe de balayage.
Paiement des charges
Le bailleur peut demander au locataire de payer les charges de différentes
façons :
- le versement de provisions pour charges tous les mois ou tous les
trimestres dans ce cas une régularisation annuelle doit être
faite,
- le paiement des charges une fois par an.
Un mois avant l'échéance annuelle ou la régularisation,
le bailleur doit communiquer au locataire:
- le décompte par nature des charges,
- les quantités consommées,
- la manière dont sont réparties les charges entre locataires.
Les pièces justificatives doivent être tenues à
la disposition du locataire pendant un mois après l'envoi du
décompte auprès du bailleur ou du syndic.
En cas de non paiement des charges au terme convenu, le bail peut
être résilié selon la même procédure
que pour non-paiement du loyer.
Les obligations du propriétaire bailleur
L'obligation
de délivrer un logement décent Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement
décent.
C'est un logement qui ne laisse pas apparaître de risques manifestes
pouvant porter atteinte à la sécurité physique
ou à la santé et doté des éléments
de confort le rendant conforme à l'usage d'habitation.
Si cette obligation n'est pas respectée le locataire peut saisir
le juge pour contraindre le bailleur à faire les travaux nécessaires
pour mettre le logement en conformité ou à défaut
à diminuer le montant du loyer.
L'obligation d'entretien - Le bailleur est tenu de délivrer au locataire le logement
en bon état d'usage et de réparation avec tous les équipements
mentionnés au bail en état de fonctionnement.
- Si le logement n'est pas en bon état, les parties peuvent convenir
d'une clause dans le bail qui prévoit que le locataire exécutera
certains travaux en échange d'une réduction du loyer sur
une durée définie. Cette clause doit obligatoirement prévoir
les conditions de remboursement de ces travaux par le propriétaire
en cas de départ anticipé de son locataire.
- Le bailleur doit assurer au locataire un usage paisible du logement.
- Au cas où le bailleur ne respecterait pas ses obligations,
le locataire ne peut en aucune façon suspendre en tout ou partie
le paiement de ses loyers, mais il doit saisir le tribunal d'instance.
Les obligations
du locataire
Le locataire doit user paisiblement des locaux loués,
Il doit s'assurer contre les risques locatifs,
Le propriétaire peut lui demander chaque année au locataire
une attestation.
Il est responsable des dégradations qui surviennent pendant
la durée du bail à l'exception des dommages dus à
la force majeure, à la faute du bailleur ou à des personnes
qu'il n'a pas introduites dans le logement.
Il doit prendre en charge l'entretien courant du logement et de
ses équipements, les menues réparations.
Il doit effectuer les réparations locatives, à moins
qu'elles ne soient dues à la vétusté, à
une malfaçon, ou à la force majeure.
Il ne peut s'opposer aux travaux d'amélioration ou d'entretien
du logement loué ou des parties communes, mais il peut demander
une diminution du loyer si les travaux durent plus de quarante jours.
Il peut même exiger la résiliation du bail si les travaux
rendent son logement inhabitable.
Il ne peut pas transformer les locaux et équipements loués
sans l'accord écrit du bailleur. En cas de non respect de cette
obligation, il perdrait toute possibilité d'indemnisation en
cas de départ et risquerait de devoir remettre les lieux dans
leur état initial à la demande du bailleur.
Il n'a pas le droit de céder son bail sauf accord écrit
du bailleur.
Il n'a pas le droit de sous-louer partiellement ou totalement son
logement, sauf accord écrit du bailleur. En cas de réponse
favorable, le montant du loyer est fixé avec l'accord du bailleur
et ne doit pas être supérieur au loyer principal.
Lorsque le bail principal prend fin, le sous-locataire n'a aucun droit
vis à vis du bailleur de se maintenir dans les lieux.
La fin du bail
le congé
donné par le bailleur
- Le bailleur peut donner congé à l'expiration du bail
pour reprendre le logement, pour le vendre, pour un motif légitime
et sérieux.
- Si le locataire respecte ses obligations, le bailleur ne peut pas
résilier un bail pendant sa durée de validité.
- Le congé doit être donné par lettre recommandée
avec accusé de réception ou par acte d'huissier.
- Le bailleur doit proposer un relogement au locataire de plus 70
ans dont les ressources sont inférieuresà une fois et
demie le SMIC annuel sauf si lui-même est âgé de
plus de 60 ans et a des revenus inférieurs à la même
somme.
Le congé pour reprise donné
par le bailleur
- Le bailleur peut reprendre le logement pour l'habiter personnellement
ou le faire habiter :
1 ) par ses propres ascendants ou descendants,
2 ) par son conjoint ou son concubin notoire depuis au moins un an ou
son partenaire auquel il est lié par un PACS enregistré
3 ) par leurs ascendants ou descendants .
- Le congé pour reprise doit être donné avec un
préavis de 6 mois avant le terme du contrat.
- il doit contenir obligatoirement le motif, ainsi que le nom et l'adresse
du bénéficiaire de la reprise.
Le congé pour vente
- Le congé pour vente est donné par le bailleur qui envisage
de vendre son immeuble. Mais le locataire qui a priorité pour
acheter doit être avisé moyennant un préavis de
6 mois minimum avant le terme du contrat.
- Au congé doit correspondre une offre de vente qui doit indiquer
le prix, les conditions de réalisation et reproduire les 4 premiers
alinéas de
l'article
15 de la loi du 6 juillet 1989
. L'offre de vente est valable pendant les deux premiers mois
du préavis légal.
- Si le locataire n'a pas accepté l'offre pendant ce délai
de deux mois, il devra quitter le logement à l'expiration du
préavis.
- Si le locataire accepte l'offre de vente, il a un délai de
2 mois pour réaliser la vente à compter de la date d'envoi
de sa réponse au propriétaire. Ce délai est porté
à 4 mois en cas de recours à un prêt. Si la vente
ne se réalise pas à l'expiration de ces délais,
le locataire devra quitter le logement au terme du préavis.
- Si le bailleur envisage de réaliser la vente à un prix
inférieur de celui de l'offre adressée à son locataire,
il devra le notifier à son locataire ce qui vaudra nouvelle offre
de vente. Le locataire a un mois pour répondre et en cas d'acceptation
de sa part les délais de réalisation (2 ou 4 mois) prévus
dans le premier cas seront reconduits.
Le congé
donné par le locataire
- Le locataire peut donner congé à tout moment par lettre
recommandée avec accusé de réception ou par acte
d'huissier avec un préavis de 3 mois qui court à compter
de la réception du courrier ou de la signification de l'acte.
- Le délai de préavis de est réduit à
un mois dans les cas suivants:
1) si le locataire est muté, a perdu son emploi, ou retrouve
un emploi suite à la perte de sa précédente activité.
2) si étant âgé de plus de 60 ans, son état
de santé justifie un changement de domicile,
3) s'il est bénéficiaire du RMI.
4) en cas d'obtention d'un premier emploi
Litiges et contentieux
Les litiges
- Les litiges relatifs à l'état des lieux, au dépôt
de garantie, aux charges et aux réparations locatives peuvent
être soumis à la Commission Départementale de
Conciliation à la demande du locataire ou du bailleur.
- La saisie de la commission se fait par lettre
recommandée avec avis de réception adressée à
son secrétariat assuré par les services de la DDE et,
à Paris ceux de la Préfecture.
- La commission départementale de conciliation essaie de trouver
un accord entre les parties. A défaut de conciliation, elle
rend un avis qui peut être transmis au juge saisi par l'une
ou l'autre des parties.
Les contentieux
Les contentieux sont des procédures beaucoup plus lourdes entre
le bailleur et son locataire qui peuvent aller jusqu'à la résiliation
du bail et à terme jusqu'à l'expulsion.
La clause
résolutoire
Cette clause du bail peut prévoir sa résiliation de
plein droit dans quatre cas :
. non paiement des loyers au terme convenu,
. non paiement des charges dûment justifiées,
. non versement du dépôt de garantie,
. défaut d'assurance du locataire.
La clause résolutoire ne peut produire d'effet que 2 mois en
cas de non paiement et un mois en cas de défaut d'assurances
après que le locataire ait reçu soit un commandement
de payer demeuré infructueux soit une mise en demeure de présenter
une attestation à laquelle il n'a pas donné suite.